L’industrie agroalimentaire (IAA) représente un pilier économique majeur en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Forte d’un terroir riche et diversifié, cette région est un acteur incontournable de l’agriculture et de la transformation des produits alimentaires en France. Cependant, en 2025, le secteur est confronté à des tensions croissantes en matière d’emploi. Pénurie de main-d’œuvre, inadéquation entre l’offre et la demande, transformation digitale et défis environnementaux : autant de facteurs qui fragilisent le recrutement et la rétention des talents dans cette filière.
Dans cet article, nous analyserons les raisons de ces tensions, les enjeux spécifiques à la région, et les solutions envisagées pour y remédier.
Un secteur stratégique mais en crise de recrutement
Un poids économique important
Le secteur agroalimentaire est le premier employeur industriel en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, avec plus de 65 000 salariés répartis dans des milliers d’entreprises, allant des grandes coopératives aux artisans locaux. Il contribue significativement au PIB régional grâce à des filières phares comme l’élevage, la viticulture, la production céréalière et la transformation des produits de la mer.
Une pénurie de main-d’œuvre qualifiée
Malgré son importance, le secteur peine à attirer de nouveaux talents. Les employeurs signalent des difficultés à recruter aussi bien des ouvriers agroalimentaires que des techniciens spécialisés. Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
- Le manque d’attractivité des métiers : conditions de travail parfois difficiles, horaires décalés, saisonnalité du travail.
- Un déficit de formation adaptée : certains métiers nécessitent des compétences spécifiques que les formations locales ne dispensent pas toujours.
- Une forte concurrence avec d’autres secteurs : notamment la logistique et la restauration, qui attirent une partie de la main-d’œuvre potentielle.
Les défis spécifiques à la Nouvelle-Aquitaine et Occitanie
La dépendance aux travailleurs saisonniers
L’agriculture et l’agroalimentaire en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie reposent en grande partie sur des travailleurs saisonniers. Or, depuis la crise du Covid-19 et les restrictions sur la mobilité des travailleurs étrangers, l’offre de main-d’œuvre s’est réduite. Les employeurs peinent à trouver des candidats, notamment pour les vendanges, le ramassage des fruits et légumes, et les emplois liés à la transformation.
L’impact des nouvelles réglementations
En 2025, plusieurs réformes viennent impacter l’emploi agroalimentaire :
- Le renforcement des normes environnementales pousse les entreprises à adapter leurs processus, nécessitant des compétences nouvelles en agroécologie et en technologies propres.
- La réforme de l’apprentissage et des formations professionnelles peine encore à répondre aux besoins spécifiques du secteur.
- L’augmentation des coûts salariaux rend plus difficile l’embauche pour les PME, qui constituent la majorité des entreprises agroalimentaires de la région.
La digitalisation et l’automatisation
L’automatisation de certaines tâches (robotisation des chaînes de production, intelligence artificielle pour l’optimisation logistique) transforme en profondeur les métiers du secteur. Si cela permet de pallier le manque de main-d’œuvre, cela crée aussi un besoin accru de formations spécifiques pour accompagner ces évolutions technologiques.
Les conséquences des tensions sur l’emploi
Un impact sur la production et la compétitivité
Les entreprises agroalimentaires en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie voient leur production ralentie faute de personnel suffisant. Cela a des répercussions sur la compétitivité des entreprises locales face à d’autres régions ou pays où la main-d’œuvre est plus disponible.
Une pression accrue sur les salariés
Les employés en poste doivent compenser le manque de personnel, entraînant une augmentation de la charge de travail, du stress et des risques de turnover. Cette situation renforce encore les difficultés de recrutement et nuit à l’image du secteur.
Quelles solutions pour atténuer ces tensions ?
Améliorer l’attractivité du secteur
- Valoriser les métiers de l’agroalimentaire à travers des campagnes de communication et des témoignages d’employés.
- Proposer des conditions de travail plus attractives : amélioration des rémunérations, prise en charge du logement pour les saisonniers, mise en place d’horaires plus flexibles.
- Promouvoir les innovations pour moderniser l’image du secteur et attirer les jeunes générations.
Développer la formation et l’apprentissage
- Renforcer les partenariats entre entreprises et établissements de formation pour adapter les cursus aux besoins concrets des entreprises.
- Encourager l’apprentissage et l’alternance, qui permettent une insertion progressive dans le monde du travail.
- Miser sur la reconversion professionnelle en accompagnant les travailleurs d’autres secteurs vers les métiers de l’agroalimentaire.
Miser sur la technologie et l’automatisation
- Investir dans la robotisation et l’intelligence artificielle pour pallier la pénurie de main-d’œuvre sur certaines tâches répétitives.
- Former les employés aux nouvelles technologies pour éviter un décalage entre l’évolution des outils et les compétences disponibles.
Faciliter le recrutement de travailleurs étrangers
- Simplifier les démarches administratives pour les saisonniers étrangers.
- Développer des accords avec d’autres pays pour garantir un flux régulier de travailleurs saisonniers.
Les tensions sur l’emploi dans le secteur agroalimentaire en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie en 2025 résultent d’une conjonction de facteurs : pénurie de main-d’œuvre, transformation numérique, réglementations plus strictes et évolution des attentes des travailleurs. Si ces défis sont de taille, des solutions existent : valorisation des métiers, adaptation des formations, modernisation des conditions de travail et automatisation. L’avenir de l’agroalimentaire régional dépendra de la capacité des acteurs à relever ces défis pour assurer la pérennité et la compétitivité du secteur.


